Accueil ›

Migration des étourneaux : quand partent-ils et où vont-ils ?

07/07/2026

Lecture rapide

Par la rédaction

📌 En bref

L’étourneau sansonnet est un migrateur partiel : les oiseaux du nord et de l’est de l’Europe descendent vers le sud-ouest à partir de septembre, avec un pic de passage en octobre et novembre, et repartent entre février et avril. Ils hivernent en France, en péninsule Ibérique, en Italie et jusqu’en Afrique du Nord, après des trajets qui peuvent atteindre 1 500 km. Les populations d’Europe de l’Ouest et du Sud, surtout urbaines, restent en grande partie sur place.

Chaque automne, des nuées sombres et mouvantes envahissent le ciel au crépuscule. Quand ces étourneaux arrivent-ils, d’où viennent-ils et pourquoi certains ne partent-ils jamais ?

La réponse tient en une idée : chez l’étourneau, la migration dépend de la population. Certains oiseaux font 1 500 km, d’autres ne quittent pas leur quartier.

La migration des étourneaux : un phénomène partiel souvent mal compris

Tous les étourneaux ne migrent pas. La LPO classe l’étourneau sansonnet parmi les migrateurs partiels : les populations du nord et de l’est de l’Europe partent vers le sud-ouest, celles du sud et de l’ouest sont en grande partie sédentaires.

La France accueille donc à la fois des résidents et, en hiver, des migrateurs venus notamment des Pays-Bas, de Belgique, d’Allemagne, de Pologne ou de Suède. C’est pourquoi l’espèce est visible chez nous presque toute l’année, avec des effectifs qui gonflent nettement en hiver.

Les oiseaux des villes sont les plus sédentaires, d’après la LPO : nourriture disponible toute l’année et températures plus douces réduisent l’intérêt de partir. La migration de l’étourneau se lit donc comme un éventail de comportements, du sédentaire complet au grand voyageur.

ℹ️ Bon à savoir

La LPO cite une population européenne estimée à plus de 23 millions de couples et, pour la France, entre 1,5 et 6 millions de couples nicheurs. Ces chiffres datent de 2004 : ce sont des ordres de grandeur, et l’espèce est en déclin à l’échelle du continent.

Calendrier de la migration des étourneaux : quand partent-ils exactement ?

Les premiers migrateurs nordiques arrivent en France dès septembre. Le gros du passage a lieu en octobre et novembre, puis les effectifs hivernants se stabilisent jusqu’à la fin de l’hiver.

Le retour vers les zones de nidification s’étale de février à avril, plus tard pour les oiseaux qui nichent le plus au nord. Fin mars et début avril, les étourneaux restés en France entrent déjà en période de reproduction.

Le départ est préparé par la photopériode, c’est-à-dire le raccourcissement des jours, qui déclenche les changements physiologiques avant l’automne. Les coups de froid et la raréfaction de la nourriture règlent ensuite le moment effectif du départ, ce qui explique les variations d’une année à l’autre.

Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur par région d’origine. Les dates varient selon les années et la météo.

À LIRE ÉGALEMENT  Fontaine à eau en entreprise : ce que dit la loi en 2026
Région d’origine Période de départ Retour printanier Distance parcourue
Scandinavie Dès septembre Mars à avril Jusqu’à 1 500 km environ
Europe de l’Est Octobre Mars à avril 1 000 à 1 500 km environ
Royaume-Uni Population en partie sédentaire Mars à avril Courte, quand il y a départ
Belgique / Pays-Bas / Allemagne Septembre à octobre Février à mars Quelques centaines de km
Sud / Ouest Europe Variable ou absent Dès février Nulle à faible
Zones urbaines Pas de départ Sédentaires 0 km

Routes et destinations : où vont les étourneaux en migration ?

Les étourneaux nordiques et orientaux descendent vers le sud-ouest : France, péninsule Ibérique, Italie et Afrique du Nord. Les populations les plus orientales hivernent plutôt vers le Moyen-Orient et le sous-continent indien.

La France est à la fois une zone de passage et une grande zone d’hivernage. Les concentrations se forment là où la nourriture abonde (prairies, champs, vignes après vendange, oliveraies dans le Sud) et où existent des dortoirs sûrs : roselières, bosquets, plantations d’arbres en ville.

Étourneaux en vol migratoire au-dessus d'un paysage européen au crépuscule, illustrant les routes de migration vers le sud-ouest
Étourneaux en vol migratoire au-dessus d’un paysage européen au crépuscule, illustrant les routes de migration vers le sud-ouest

En vol, l’étourneau avance à 60 à 80 km/h, ce qui lui permet de couvrir de longues distances en quelques jours de bonne météo. Sur son site d’hivernage, il fait chaque jour la navette entre le dortoir et ses zones d’alimentation, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres.

Les dortoirs peuvent réunir des centaines de milliers d’oiseaux. En Île-de-France, la LPO indique qu’ils atteignaient un million d’individus dans les années 1980, contre moins de 100 000 aujourd’hui. Ce recul illustre les changements en cours dans la répartition hivernale de l’espèce.

💡 Astuce

Pour voir un dortoir, cherchez les roselières, bosquets ou alignements d’arbres où les oiseaux convergent le soir, et arrivez une heure environ avant le coucher du soleil. Les associations naturalistes locales et la LPO de votre département connaissent souvent les sites actifs de la saison.

Les murmurations d’étourneaux : le spectacle aérien de la migration

Les murmurations sont ces vols collectifs synchronisés de milliers, parfois de centaines de milliers d’étourneaux, qui ondulent au crépuscule avant que les oiseaux ne plongent dans le dortoir. Aucun oiseau ne dirige l’ensemble.

Portrait détaillé d'un étourneau sansonnet montrant son plumage et ses caractéristiques morphologiques
Portrait détaillé d’un étourneau sansonnet montrant son plumage et ses caractéristiques morphologiques

Des travaux menés à Rome sur des vols filmés en 3D (Ballerini et coll., 2008) ont montré que chaque étourneau règle sa trajectoire sur ses 6 à 7 voisins les plus proches, quelle que soit leur distance. C’est ce qui permet à une onde de changement de direction de traverser le groupe en une fraction de seconde.

L’explication la plus admise est la défense contre les prédateurs, comme le faucon pèlerin ou l’épervier : il est très difficile de viser un oiseau isolé dans une masse aussi mouvante. Le rassemblement sert aussi à regrouper les oiseaux avant la nuit au dortoir.

Les murmurations s’observent surtout de l’automne à la fin de l’hiver, au coucher du soleil, près des dortoirs. Aucun matériel n’est nécessaire : le nuage sombre qui change de forme en quelques secondes se voit à l’œil nu, des jumelles aident seulement à repérer les rapaces.

À LIRE ÉGALEMENT  Signes de cambriolage dits « roumains » : que valent ces codes sur votre porte ?

Avantages et inconvénients de la présence des étourneaux migrateurs

Au printemps et en été, l’étourneau consomme beaucoup de larves d’insectes, de vers et de chenilles, ce qui en fait un auxiliaire apprécié dans les prairies. En automne et en hiver, son régime bascule vers les graines, les fruits et les baies.

C’est à cette saison que les grands rassemblements causent des dégâts sur les vignes, les vergers et les oliveraies, et des nuisances en ville sous les dortoirs (fientes, bruit). L’espèce est d’ailleurs chassable en France entre début septembre et fin février, et classée « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD) dans une partie des départements, selon une liste fixée par arrêté ministériel pour trois ans.

✅ Avantages
  • ✅ Consommation de larves, chenilles et autres invertébrés au printemps et en été
  • ✅ Prédation sur les larves de tipules et de taupins dans les prairies
  • ✅ Dissémination des graines de nombreuses baies sauvages
  • ✅ Murmurations accessibles sans équipement, spectacle naturel gratuit
  • ✅ Espèce pédagogique pour s’initier à l’ornithologie et aux comportements collectifs
  • ✅ Populations urbaines sédentaires, moins concentrées que les grands dortoirs d’hiver
❌ Inconvénients
  • ❌ Dégâts sur les vignes, vergers et oliveraies lors des rassemblements d’automne
  • ❌ Consommation de grains dans les champs et les élevages en période de concentration
  • ❌ Fientes acides qui salissent et dégradent bâtiments et véhicules
  • ❌ Bruit important à proximité des dortoirs urbains
  • ❌ Risques sanitaires liés à l’accumulation de déjections sous les dortoirs
  • ❌ Espèce elle-même en déclin en Europe, ce qui pose la question de sa gestion

Migration des étourneaux et changement climatique : quelles évolutions à surveiller ?

Des hivers plus doux réduisent l’intérêt de migrer loin : une partie des oiseaux hiverne plus au nord qu’autrefois ou ne part plus du tout. Ce raccourcissement des trajets, observé chez plusieurs migrateurs partiels européens, modifie peu à peu la carte hivernale de l’espèce.

Il s’inscrit dans un déclin général des oiseaux nicheurs. Une étude publiée en 2021 (Burns et coll., RSPB, BirdLife et Société tchèque d’ornithologie), relayée par la LPO, estime à environ 600 millions le nombre d’oiseaux nicheurs perdus dans l’Union européenne depuis 1980, soit à peu près un sur six. Les espèces communes des milieux agricoles, dont l’étourneau, sont parmi les plus touchées.

La baisse des dortoirs franciliens, passés d’environ un million d’oiseaux dans les années 1980 à moins de 100 000, ne signifie pas forcément un effondrement local. Elle peut aussi traduire une redistribution des hivernants vers d’autres sites, d’où l’intérêt des suivis participatifs.

Ce qu’il faut retenir pour observer et comprendre la migration des étourneaux

La migration des étourneaux n’est ni universelle ni réglée comme une horloge. Trois réflexes aident à mieux l’observer :

  • Sortez entre octobre et la fin de l’hiver, au crépuscule, près d’un dortoir connu, pour maximiser vos chances d’assister à une murmuration.
  • Distinguez les populations présentes : en hiver, une grande partie des étourneaux observés en France viennent du nord et de l’est de l’Europe et se mêlent aux résidents.
  • Contribuez au suivi scientifique en signalant vos observations de dortoirs ou de vols migratoires sur les plateformes participatives de la LPO, comme Faune-France.

Suivre les étourneaux, c’est aussi suivre un indicateur écologique. Leurs calendriers et leurs effectifs reflètent l’évolution du climat et des paysages agricoles.

Questions fréquemment posées

Quand exactement les étourneaux partent-ils en migration ?

Les migrateurs nordiques arrivent en France dès septembre, avec un pic de passage en octobre et novembre. Le retour vers les zones de nidification s’étale de février à avril selon la latitude. Les dates varient avec la météo et la nourriture disponible.

Où vont les étourneaux quand ils migrent ?

Les étourneaux du nord et de l’est de l’Europe descendent vers le sud-ouest : France, péninsule Ibérique, Italie et Afrique du Nord. Les trajets peuvent atteindre 1 500 km. La France est à la fois une zone de passage et une grande zone d’hivernage.

Tous les étourneaux migrent-ils vraiment ?

Non, l’étourneau sansonnet est un migrateur partiel. Les populations du nord et de l’est migrent, celles du sud et de l’ouest de l’Europe restent en grande partie sur place. Les oiseaux des villes, qui trouvent nourriture et douceur toute l’année, sont les plus sédentaires.

Qu’est-ce qui déclenche la migration des étourneaux ?

Le raccourcissement des jours (photopériode) prépare l’organisme au départ. Les coups de froid et la raréfaction de la nourriture déterminent ensuite le moment effectif du voyage. Des hivers plus doux incitent une partie des oiseaux à partir moins loin, voire à rester.

Quelle est la vitesse de vol des étourneaux en migration ?

L’étourneau vole à 60 à 80 km/h. Il peut ainsi couvrir plusieurs centaines de kilomètres en quelques jours de bonne météo. Sur son site d’hivernage, il fait chaque jour la navette entre son dortoir et ses zones d’alimentation.

Pourquoi observe-t-on des murmurations spectaculaires d’étourneaux ?

Les murmurations précèdent l’entrée au dortoir. Elles protègent surtout des prédateurs, comme le faucon pèlerin, qui peinent à cibler un oiseau dans une masse aussi mouvante. Chaque étourneau suit ses 6 à 7 voisins les plus proches, sans chef, ce qui crée ces vagues spectaculaires.

Julien Guiselin

Ingénieur de formation, Julien Guiselin a passé près de dix ans dans le génie climatique, dont trois à la tête d'une entreprise d'installation de pompes à chaleur. Il dirige la rédaction de Énergie en Lumière : il choisit les sujets, vérifie les informations techniques et valide chaque article mis à jour. LinkedIn