Aucune amende ne vise un particulier qui jette un vêtement à la poubelle, mais la consigne officielle est claire : les textiles, linge de maison et chaussures (TLC) ont leur propre filière depuis 2007, et leur collecte séparée est une obligation européenne depuis 2025. Refashion recense plus de 47 000 points d’apport en France : conteneurs, déchèteries, associations et magasins. Déposez vos vêtements propres et secs, même abîmés ou troués, dans un sac fermé de 30 litres maximum.
Selon Refashion, 3,6 milliards de pièces textiles sont mises sur le marché chaque année en France. Une bonne partie dort dans les placards avant de finir, par réflexe, dans la poubelle ordinaire. Des solutions gratuites existent pourtant partout pour donner une seconde vie à ces vêtements.
Jeter ses vêtements usagés à la poubelle est-il interdit en France ?
Pas au sens d’une interdiction sanctionnée pour les particuliers : aucun texte ne prévoit d’amende pour un vêtement jeté avec les ordures ménagères. En revanche, la filière TLC (Textiles, Linge de maison, Chaussures) existe depuis 2007, et la directive européenne 2018/851 impose une collecte séparée des textiles depuis le 1er janvier 2025. Des alternatives concrètes existent partout sur le territoire, comme les braderies et brocantes locales qui permettent de donner une seconde vie à ses affaires plutôt que de les jeter.
Cette filière est pilotée par l’éco-organisme Refashion, financé par les metteurs sur le marché. Il organise la collecte, le tri et la valorisation des textiles. Certaines collectivités précisent aussi dans leur règlement de collecte que les textiles n’ont pas leur place dans le bac d’ordures ménagères.
L’enjeu est d’abord environnemental. La production textile consomme beaucoup d’eau et d’énergie : la fabrication d’un seul jean mobilise plusieurs milliers de litres d’eau, surtout pour la culture du coton. Un vêtement jeté à la poubelle est incinéré ou enfoui, alors qu’il aurait pu être porté à nouveau ou recyclé.
Les textiles souillés par de la peinture, des solvants ou un autre produit chimique ne vont pas dans les conteneurs de collecte. S’ils sont contaminés par un produit dangereux, apportez-les en déchèterie ; sinon, ils vont aux ordures ménagères. Dans tous les autres cas, une meilleure solution que la poubelle existe.
Où jeter ses vêtements usagés près de chez soi ?
Cinq grandes solutions existent : les conteneurs sur la voie publique, les conteneurs et boutiques associatifs (Croix-Rouge, Emmaüs, Le Relais), les déchèteries, les magasins qui reprennent les vêtements et les ressourceries. Les vêtements troués, usés ou déchirés y sont acceptés s’ils sont propres et secs.

Refashion recense plus de 47 000 points d’apport en France. Pour trouver le plus proche, utilisez la carte de Refashion (rubrique « Trouver un point de collecte ») ou l’outil de l’ADEME quefairedemesdechets.ademe.fr. Les associations comme la Croix-Rouge disposent en plus de boutiques solidaires qui revendent ou redistribuent les dons.
| Type de point de collecte | Conditions d’acceptation | Accessibilité | Finalité principale |
|---|---|---|---|
| Borne municipale / conteneur voie publique | Textiles propres et secs, même abîmés, en sac fermé | Généralement 24h/24 | Réemploi ou recyclage |
| Conteneur associatif (Croix-Rouge, Emmaüs) | Vêtements propres, bon état préférable | Souvent 24h/24 | Don social prioritaire |
| Déchèterie communale | Textiles et chaussures, selon les bennes disponibles | Horaires d’ouverture | Recyclage / tri |
| Boutiques partenaires (H&M, Kiabi…) | Selon programme de la marque | Horaires magasin | Tri puis réemploi ou recyclage |
| Ressourceries / recycleries | Textiles réparables ou réutilisables | Horaires variables | Réemploi et réparation |
| Dépôt direct en association | Propres, bon état, saison adaptée | Sur rendez-vous ou horaires fixes | Don social direct |
Quels vêtements usagés peut-on déposer (et lesquels sont refusés) ?
Dans un conteneur textile, on peut déposer tous les vêtements propres et secs, même troués, usés ou déchirés, ainsi que le linge de maison et les chaussures liées par paire. Sont refusés : les textiles souillés par des produits chimiques, les articles humides, les chaussures techniques et les chaussures dépareillées.

Avant de vous séparer d’une pièce, demandez-vous si elle ne peut pas simplement être remise en circulation. Une partie importante des vêtements stockés dans les placards n’est presque jamais portée. Voici ce que les points de collecte acceptent ou refusent concrètement, d’après les consignes de Refashion.
✅ Vêtements et textiles acceptés :
- Tous les vêtements de toutes tailles : pantalons, chemises, t-shirts, pulls, robes, manteaux, joggings, sweatshirts
- Petits articles : chaussettes, sous-vêtements, gants, écharpes, bonnets, foulards, collants, maillots de bain, layettes
- Linge de maison : draps, serviettes, nappes, torchons, tabliers, gants de toilette
- Chaussures de ville, de sport, sandales, bottes, liées par paire
- Articles abîmés : troués, déchirés, décolorés, légèrement tachés
❌ Articles refusés :
- Textiles souillés par de la peinture ou des solvants chimiques
- Chaussures techniques : rollers, chaussures de ski
- Chaussures dépareillées
- Vêtements humides, moisis ou malodorants (ils contaminent l’ensemble du sac)
Déposez vos vêtements dans un sac fermé de 30 litres maximum, directement dans le conteneur, jamais à côté. Attachez les chaussures par paire avant de les glisser dans le sac. Un sac humide abîme tout son contenu : attendez que les vêtements soient bien secs.
Ce que deviennent vos vêtements usagés après la collecte
Après la collecte, les vêtements passent en centre de tri. Les pièces en bon état sont revendues en seconde main, en France ou à l’export, ou données. Les articles usés deviennent chiffons d’essuyage, isolants ou nouvelles fibres, et le reste part en valorisation énergétique.

D’après les derniers résultats publiés par Refashion, environ 272 000 tonnes de textiles ont été collectées en un an, et 55 % des pièces collectées repartent en réemploi. C’est encore peu face aux volumes mis sur le marché. Le tableau ci-dessous détaille le parcours selon l’état du vêtement déposé.
| État du vêtement | Devenir après collecte |
|---|---|
| Propre, bon état | Vente en seconde main en France ou à l’export, ou don via vestiaires solidaires |
| Usé, abîmé mais non contaminé | Recyclage en chiffons d’essuyage industriels, isolants thermiques ou nouvelles fibres |
| Non réemployable, non recyclable | Valorisation énergétique (combustible ou incinération avec récupération d’énergie) |
| Souillé par produits chimiques | Déchèterie si le produit est dangereux, sinon ordures ménagères ; jamais en conteneur |
Avantages et limites de la filière de collecte des vêtements usagés
La filière TLC offre un réseau dense et un impact social réel. Elle traverse pourtant une crise : débouchés à l’export en baisse, vêtements de fast fashion difficiles à revendre et coûts de tri en hausse. En juillet 2025, Le Relais a même suspendu sa collecte pour réclamer un meilleur financement de la part de Refashion.
- ✅ Réseau dense : plus de 47 000 points d’apport selon Refashion
- ✅ Acceptation large, même pour les vêtements très abîmés
- ✅ Impact social direct via les boutiques solidaires et les chantiers d’insertion
- ✅ Bonus Réparation de 6 à 25 € chez plus de 1 500 réparateurs labellisés
- ✅ Filière encadrée par un éco-organisme agréé depuis 2007
- ✅ Outils de géolocalisation gratuits disponibles en ligne
- ❌ Filière sous tension depuis 2024, avec des conteneurs parfois pleins
- ❌ Une partie des vêtements collectés est exportée faute de débouchés locaux
- ❌ Opérateurs de tri fragilisés par la baisse des prix de revente
- ❌ La fast fashion produit des vêtements difficiles à revendre et à recycler
- ❌ Traçabilité limitée : difficile de savoir ce que devient chaque vêtement déposé
Quand un conteneur est plein, ne laissez pas votre sac au pied de la borne : il serait mouillé, éventré et finirait en déchet. Revenez plus tard ou choisissez un autre point. Avant un don direct en association, appelez pour vérifier qu’elle accepte de nouveaux apports.
La hiérarchie des bons gestes pour vos vêtements usagés : de la réparation au recyclage
Le meilleur geste reste de réparer, puis de donner ou revendre ce qui est en bon état. Le conteneur textile s’impose pour les articles trop abîmés. La poubelle ordinaire se limite aux textiles souillés qui ne peuvent pas être collectés.
Voici l’ordre à suivre, du geste le plus vertueux au moins souhaitable, pour savoir où jeter vos vêtements usagés selon leur état.
- Réparer : le Bonus Réparation déduit de 6 à 25 € de la facture d’un réparateur labellisé, selon la réparation (couture, fermeture éclair, doublure, ressemelage). La réduction s’applique directement au paiement ; les réparateurs se trouvent sur la carte de Refashion.
- Donner à des proches ou à une association : Croix-Rouge, Emmaüs, Secours populaire acceptent les vêtements propres en bon état. Respectez la saison pour que les dons servent vraiment.
- Revendre : dépôt-vente, vide-dressing ou plateformes en ligne prolongent la vie d’un vêtement tout en récupérant une partie de sa valeur.
- Déposer en conteneur dédié : même troué, usé ou déchiré, un vêtement propre et sec a sa place dans un conteneur textile.
- Poubelle ordinaire : uniquement pour un textile souillé non dangereux, ou humide et moisi. Un textile imprégné d’un produit dangereux part en déchèterie.
Deux outils gratuits localisent le bon point près de chez vous : la carte Refashion pour les conteneurs, déchèteries et réparateurs labellisés, et quefairedemesdechets.ademe.fr, qui indique aussi les structures de réemploi et les boutiques de seconde main.
Passez à l’action dès aujourd’hui
Se débarrasser correctement de ses vêtements usagés ne demande aucune démarche complexe : un conteneur textile se trouve dans la plupart des communes. Videz vos placards et triez en trois tas : à réparer, à donner ou revendre, à déposer en conteneur.
Pour les pièces abîmées mais propres, le conteneur le plus proche suffit. Pour les vêtements en bon état, une association locale ou une plateforme de revente maximise leur utilité. La poubelle ne doit rester qu’une exception, réservée aux textiles souillés.
Questions fréquemment posées
Est-il interdit de jeter ses vêtements à la poubelle en France ?
Aucune amende ne vise un particulier pour un vêtement jeté avec les ordures ménagères. Mais les textiles ont leur filière de collecte depuis 2007, pilotée par Refashion, et leur collecte séparée est obligatoire en Europe depuis le 1er janvier 2025. La consigne officielle est donc de les déposer en point d’apport, sauf s’ils sont souillés.
Où déposer ses vêtements usagés près de chez soi ?
Dans les conteneurs textiles des rues et parkings, en déchèterie, dans les boutiques solidaires (Emmaüs, Croix-Rouge, Secours populaire) ou dans les magasins qui reprennent les vêtements. Refashion recense plus de 47 000 points d’apport, consultables sur sa carte en ligne.
Peut-on donner des vêtements abîmés ou troués ?
Oui, les vêtements usés, déchirés ou troués sont acceptés dans les conteneurs textiles s’ils sont propres et secs. Ceux qui ne peuvent pas être revendus partent au recyclage (chiffons, isolants, fibres) ou en valorisation énergétique. Seuls les textiles souillés par des produits chimiques ou humides sont à écarter.
Combien de vêtements sont mis sur le marché et collectés chaque année ?
Selon les derniers chiffres publiés par Refashion, 3,6 milliards de pièces textiles sont mises sur le marché en France en un an, et environ 272 000 tonnes sont collectées. Plus de la moitié des pièces collectées (55 %) repartent en réemploi.
Que deviennent les vêtements déposés dans les conteneurs de collecte ?
Ils sont triés : les pièces en bon état sont revendues en seconde main, en France ou à l’export, les autres deviennent chiffons, isolants ou nouvelles fibres, et le reste est valorisé en énergie. La filière est sous tension depuis 2024, ce qui explique des conteneurs parfois pleins et la suspension de collecte décidée par Le Relais en juillet 2025.
Est-ce que les enseignes de prêt-à-porter reprennent les vieux vêtements ?
Oui, plusieurs enseignes (H&M, Kiabi, etc.) proposent des bacs de collecte en magasin, parfois contre un bon d’achat. Les conditions varient selon la marque. Les vêtements sont ensuite confiés à des opérateurs de tri qui les orientent vers le réemploi ou le recyclage.