Un tube carré 40×40×2 mm a une section d’environ 3 cm² (304 mm² en angles vifs, un peu moins en réalité) et un module de flexion d’environ 3,5 cm³. Les « 4 800 kg » souvent cités ne valent que pour un tronçon très court : en poteau articulé de 2 m en S235, la résistance de calcul au flambement tombe à environ 26 kN, soit de l’ordre de 1,7 tonne de charge de service. En flexion, une charge ponctuelle au milieu d’une portée de 2 m est limitée à moins de 100 kg par la flèche. Ces ordres de grandeur servent à dégrossir : tout ouvrage porteur doit être vérifié par un bureau d’études ou un ingénieur structure.
Le tube carré 40×40 équipe portails, garde-corps, auvents, mezzanines légères et mobilier métallique. Sa résistance dépend de quatre paramètres : l’épaisseur de paroi, la nuance d’acier, la longueur libre et la façon dont il est chargé (compression, flexion, appuis).
Ce guide donne les formules de résistance des matériaux, les valeurs de section vérifiées et des exemples chiffrés. Il permet de comprendre pourquoi un même tube peut porter plusieurs tonnes ou à peine quelques dizaines de kilos selon le montage.
Tube carré acier 40×40 : caractéristiques géométriques et normes de référence
Le tube carré 40×40 se vend couramment en épaisseurs de 1,5 à 3 mm. Les tubes de construction formés à froid relèvent de la norme NF EN 10219, les tubes finis à chaud de la NF EN 10210. Le module d’Young vaut 210 000 MPa pour tous les aciers de construction courants.
Les tubes de serrurerie à tolérances serrées relèvent souvent de la NF EN 10305-5 (tubes de précision soudés et calibrés), avec des nuances différentes des S235/S355. Le dimensionnement d’un ouvrage se fait selon l’Eurocode 3 (NF EN 1993-1-1 et son annexe nationale), sur le même principe que les tableaux de dimensionnement utilisés en charpente bois.
| Épaisseur de paroi (t) | Section A (angles vifs) | Inertie I / module W (angles vifs) | Usage typique |
|---|---|---|---|
| 1,5 mm | 231 mm² | 5,7 cm⁴ / 2,9 cm³ | Mobilier, structures décoratives |
| 2 mm | 304 mm² | 7,3 cm⁴ / 3,7 cm³ | Portails, garde-corps, structures légères |
| 2,5 mm | 375 mm² | 8,8 cm⁴ / 4,4 cm³ | Ossatures légères, supports intermédiaires |
| 3 mm | 444 mm² | 10,2 cm⁴ / 5,1 cm³ | Ouvrages plus sollicités |
Ces valeurs sont calculées en angles vifs. Un vrai tube a des angles arrondis : ses caractéristiques réelles sont inférieures de 3 à 6 % environ. Pour un calcul définitif, prenez les valeurs du catalogue du fabricant ou des tables EN 10219.
Le module de cisaillement G vaut environ 81 000 MPa. Les deux modules E et G ne dépendent pas de la nuance : un tube en S355 n’est pas plus rigide qu’un tube en S235, il fléchit exactement autant sous la même charge.
Nuances d’acier S235, S275, S355 : quel impact sur la résistance du tube carré 40×40 ?
La nuance fixe la limite d’élasticité fy : 235 MPa pour le S235, 275 MPa pour le S275 et 355 MPa pour le S355 (épaisseurs jusqu’à 16 mm). Passer du S235 au S355 augmente la résistance de la section d’environ 50 % (rapport 355/235), mais ne change rien à la rigidité.
| Nuance | Limite d’élasticité (fy) | Résistance à la traction (Rm) | Allongement à rupture | Application principale |
|---|---|---|---|---|
| S235 (JRH pour les tubes) | 235 MPa | 360 à 510 MPa | 20 % et plus selon norme et épaisseur | Portails, garde-corps, structures légères |
| S275 | 275 MPa | 410 à 560 MPa | 20 % et plus selon norme et épaisseur | Ouvrages plus sollicités, petites charpentes |
| S355 | 355 MPa | 470 à 630 MPa | 20 % et plus selon norme et épaisseur | Structures porteuses, charpentes métalliques exigeantes |
Les aciers de construction sont ductiles : une structure surchargée se déforme visiblement avant de céder, ce qui laisse un signal d’alerte. Les valeurs exactes de Rm et d’allongement figurent sur le certificat matière (EN 10204), à demander au fournisseur.
Point clé : le S355 ne sert à rien si c’est la flèche ou le flambement qui limitent la charge. Ces deux phénomènes dépendent du module d’Young et de l’inertie, pas de fy. Sur un tube 40×40 long et élancé, changer de nuance n’apporte presque rien.
Comment calculer la section transversale et la charge admissible d’un tube carré acier 40×40 ?
La section se calcule par différence entre le carré extérieur et le carré intérieur. La charge que peut écraser la section (sans flambement) vaut A × contrainte admissible. C’est un maximum théorique, atteint seulement par un tronçon très court.

Le chiffre de « 4 800 kg » correspond à l’écrasement de la section, sans aucun flambement. Pour un poteau de 40×40, le flambement intervient dès quelques dizaines de centimètres de hauteur libre et devient vite le critère qui décide de tout. Voir le tableau de la section suivante.
Voici les étapes, de la section à la charge en compression :
- Identifier les paramètres : dimension extérieure b = 40 mm, épaisseur t mesurée au pied à coulisse, nuance lue sur le certificat matière.
- Calculer la section : A = b² − (b − 2t)². Pour t = 2 mm : A = 1 600 − 1 296 = 304 mm².
- Calculer le rayon de giration : i = √(I / A). Pour le 40×40×2 : i = √(73 365 / 304) ≈ 15,5 mm.
- Calculer l’élancement : λ = Lcr / i, où Lcr est la longueur de flambement (égale à la hauteur pour un poteau articulé aux deux bouts, double pour un mât encastré en pied et libre en tête).
- Appliquer le coefficient de flambement χ : selon l’Eurocode 3, courbe c pour les profils creux formés à froid. La résistance de calcul vaut Nb,Rd = χ × A × fy / γM1, avec γM1 = 1,0 dans l’annexe nationale française.
- Comparer à la charge pondérée : la charge de calcul se forme avec 1,35 × charges permanentes + 1,5 × charges d’exploitation. Diviser Nb,Rd par environ 1,4 à 1,5 donne un ordre de grandeur de la charge de service.
À titre de repère, la section seule (sans flambement) donne A × fy = 304 × 235 ≈ 71 kN en résistance de calcul. L’ancienne méthode du « taux de travail » aux 2/3 de fy (environ 157 MPa, souvent arrondi à 16 daN/mm²) donne 304 × 157 ≈ 48 kN, soit les fameux 4 800 kg environ.
| Poteau 40×40×2 S235, articulé aux deux bouts | Élancement réduit | χ (courbe c) | Nb,Rd (calcul) | Ordre de grandeur en service |
|---|---|---|---|---|
| 1,0 m | 0,69 | 0,73 | ≈ 52 kN | ≈ 3,5 t |
| 1,5 m | 1,03 | 0,52 | ≈ 37 kN | ≈ 2,5 t |
| 2,0 m | 1,37 | 0,36 | ≈ 26 kN | ≈ 1,7 t |
| 2,5 m | 1,71 | 0,25 | ≈ 18 kN | ≈ 1,2 t |
| 3,0 m | 2,06 | 0,19 | ≈ 13 kN | ≈ 0,9 t |
Hypothèses : charge parfaitement centrée, valeurs en angles vifs, aucun trou ni soudure affaiblissante. Une charge excentrée, un tube encastré en pied seulement (mât libre en tête) ou une section réelle un peu plus faible réduisent encore ces chiffres.
Résistance en flexion du tube carré acier 40×40 : moment d’inertie et module de section
En flexion, deux grandeurs comptent : le moment d’inertie I, qui règle la flèche, et le module élastique W = I / (b/2), qui règle la contrainte. Pour un tube carré : I = (b⁴ − (b − 2t)⁴) / 12. La contrainte σ = M / W doit rester sous la contrainte admissible.
Pour un tube 40×40×2 mm : I = (40⁴ − 36⁴) / 12 = (2 560 000 − 1 679 616) / 12 ≈ 73 365 mm⁴ (7,3 cm⁴). Le module vaut W = 73 365 / 20 ≈ 3 668 mm³ (3,7 cm³). Les tables du commerce donnent un peu moins à cause des angles arrondis.
Épaissir la paroi rapporte moins qu’on ne le croit en flexion. Sur un 40×40, passer de 2 à 3 mm augmente la section (et le poids) de 46 %, mais l’inertie d’environ 39 % seulement. Pour gagner en rigidité, un profil plus haut (40×60, 50×50) est bien plus efficace qu’une paroi plus épaisse.
Pour une charge ponctuelle F au milieu d’une portée L sur deux appuis simples, le moment maximal vaut M = F × L / 4 et la flèche f = F × L³ / (48 × E × I). Avec W = 3 668 mm³ et 157 MPa admissibles (S235), le moment admissible est d’environ 576 N·m.
| Portée (40×40×2, S235, charge au centre) | Limite par la contrainte | Flèche correspondante | Charge retenue (flèche ≤ L/200) |
|---|---|---|---|
| 1,0 m | ≈ 2,3 kN (235 kg) | ≈ 3 mm (L/320) | ≈ 230 kg |
| 1,5 m | ≈ 1,5 kN (155 kg) | ≈ 7 mm (L/215) | ≈ 150 kg |
| 2,0 m | ≈ 1,15 kN (117 kg) | ≈ 12,5 mm (L/160) | ≈ 90 kg |
À partir d’environ 1,5 m, c’est donc la flèche qui limite la charge, et le S355 n’y change rien. Pour une charge répartie q, utilisez M = q × L² / 8 et f = 5 × q × L⁴ / (384 × E × I).
Le cisaillement n’est presque jamais dimensionnant sur ces portées. La résistance plastique au cisaillement se calcule avec fy / √3, soit environ 136 MPa pour le S235, appliqués à l’aire des deux âmes.
Tube carré acier 40×40 : avantages, limites et erreurs de calcul à éviter
Le tube carré offre un bon rapport résistance/poids, une rigidité identique dans les deux directions et une bonne tenue en torsion. Ses limites : un flambement rapide dès que la longueur augmente, une flèche importante sur les portées supérieures à 1,5 m et une forte sensibilité aux assemblages.
- ✅ Profil creux : bon rapport résistance/poids
- ✅ Même inertie dans les deux axes, bonne résistance à la torsion
- ✅ Acier ductile : déformation visible avant rupture
- ✅ Normes EN 10219 et EN 10210 avec marquage CE et certificat matière
- ✅ Polyvalence : portails, garde-corps, ossatures légères, mobilier industriel
- ✅ Formules de RDM simples pour un prédimensionnement
- ❌ Prendre la charge d’écrasement (A × σ) pour la charge d’un poteau, sans flambement
- ❌ Oublier la flèche, souvent plus limitante que la contrainte
- ❌ Supposer un poteau articulé alors qu’il est libre en tête (longueur de flambement doublée)
- ❌ Négliger l’excentrement de la charge (platine décalée, console)
- ❌ Surestimer des soudures faites sur chantier ou des perçages qui affaiblissent la paroi
- ❌ Ignorer la corrosion intérieure, le vent, les chocs et les charges dynamiques
Un garde-corps, une mezzanine, un auvent ou un support de charge suspendue engagent la sécurité des personnes. Les valeurs de cet article servent à comprendre et à prédimensionner, pas à valider un ouvrage. Faites vérifier le calcul et les assemblages par un bureau d’études ou un ingénieur structure.
Cas pratiques et recommandations pour dimensionner votre tube carré acier 40×40
La démarche est toujours la même : identifier le type de sollicitation, calculer les caractéristiques de la section, vérifier la résistance, puis le flambement et la flèche. Le critère le plus défavorable fixe la charge.
Le passage au S355 n’est utile que si la contrainte est le critère limitant : pièce courte, forte charge concentrée, assemblage. Si votre calcul bute sur la flèche ou le flambement, augmentez l’inertie (profil plus grand) ou réduisez la longueur libre (entretoise, contreventement).
- Portail ou cadre de portillon : 40×40×2 en S235 suffit en général pour le cadre. Le point faible est rarement le tube, mais les gonds, le poteau d’accroche et la soudure du cadre.
- Poteau d’auvent ou de pergola : en compression centrée, un 40×40×2 de 2,5 m reste de l’ordre de la tonne en service, mais le vent crée de la flexion en pied. Un mât encastré en pied et libre en tête a une longueur de flambement double : sa capacité chute fortement.
- Traverse ou solive en flexion : au-delà de 1,5 m de portée, la flèche limite la charge. Un 40×40×2 sur 2 m ne porte qu’environ 90 kg au centre pour une flèche de L/200.
- Garde-corps : les hauteurs et dispositions relèvent de la norme NF P01-012, les efforts horizontaux de l’Eurocode 1 selon l’usage du lieu. La fixation au support (chevilles, platines) est souvent le maillon faible.
- Mezzanine ou plancher : le 40×40 est presque toujours trop faible en solive. Un calcul complet par un professionnel est indispensable.
- Assemblages : une soudure mal pénétrée ou un trou de boulon près d’un angle peuvent faire céder la pièce bien avant sa charge théorique.
Les points à retenir avant de passer à l’action
Pour un 40×40×2 en S235, retenez ces repères : environ 3 cm² de section, 7 cm⁴ d’inertie et 3,5 cm³ de module. En compression, la charge réelle dépend surtout de la longueur libre : environ 3,5 t en service pour 1 m, mais moins d’une tonne pour 3 m.
En flexion, la flèche devient limitante dès 1,5 m de portée. Pour un ouvrage qui porte des personnes ou des charges suspendues, faites valider le dimensionnement par un bureau d’études : c’est la seule garantie sérieuse.
Questions fréquemment posées
Quelle est la charge maximale qu’un tube 40×40×2 mm peut supporter ?
Tout dépend de la longueur et du chargement. La section seule (304 mm² en S235) correspond à environ 4 800 kg avec l’ancien taux de travail de 16 daN/mm², mais cette valeur n’est valable que pour un tronçon très court. En poteau articulé, comptez de l’ordre de 3,5 t en service à 1 m, 1,7 t à 2 m et 0,9 t à 3 m, à faire valider par un professionnel.
Comment calculer le moment d’inertie d’un tube carré 40×40 ?
On utilise I = (b⁴ − (b − 2t)⁴) / 12, avec b = 40 mm et t l’épaisseur de paroi. Pour un 40×40×2, on obtient environ 73 365 mm⁴ (7,3 cm⁴) en angles vifs, un peu moins en réalité à cause des angles arrondis. Le module de flexion vaut I divisé par 20 mm, soit environ 3,7 cm³.
Quelle différence de résistance entre les nuances S235, S275 et S355 ?
Les limites d’élasticité sont de 235, 275 et 355 MPa. Le S355 résiste donc environ 50 % de plus que le S235 tant que la contrainte est le critère limitant. En revanche, le module d’Young est le même (210 000 MPa) : la flèche et le flambement des pièces longues ne sont presque pas améliorés.
Quel coefficient de sécurité appliquer pour un tube 40×40 ?
L’Eurocode 3 ne raisonne pas avec un coefficient global unique. Les charges sont majorées (1,35 pour les charges permanentes, 1,5 pour les charges d’exploitation) et la résistance est divisée par des coefficients partiels (γM0 = γM1 = 1,0 en France). L’ancienne méthode simplifiée limitait la contrainte aux 2/3 de fy, soit environ 157 MPa en S235.
Quelle est la section transversale d’un tube 40×40 selon l’épaisseur ?
En angles vifs : 231 mm² pour 1,5 mm, 304 mm² pour 2 mm, 375 mm² pour 2,5 mm et 444 mm² pour 3 mm. Les sections réelles sont inférieures de quelques pour cent à cause des angles arrondis. Le catalogue du fabricant donne la valeur exacte.
Quelles normes régissent le tube carré acier 40×40 ?
La NF EN 10219 couvre les profils creux de construction formés à froid et la NF EN 10210 ceux finis à chaud. La NF EN 10305-5 concerne les tubes de précision. Le dimensionnement d’un ouvrage relève de l’Eurocode 3 (NF EN 1993-1-1 et son annexe nationale française).